• C’était Écrit.. (58)

    Il hocha la tête en rallumant son cigare alors qu'en ce qui me concernait j'avais renoncé au mien. Je ne saisis pas tout. Il enchaîna. Mais tu dois être conscient aussi que cela en dit long sur toi de ne pouvoir converser sur ce sujet. Disons pour faire simple. Que quand deux hommes comme nous passent une soirée ensemble et que « Tous Deux » savent l'importance du sujet, ce qu'il vaut réellement pour l'autre,.. Refuser la discussion éclaire autant que de l'avoir accepté. Tu crois pas. Mais bien sûr. Je répliquai nonchalamment. Je ne me fais aucune illusion là dessus. Mais Jésus ne savait-il pour Judas. Dis moi. Voilà une situation que tu dois comprendre. Bien sûr qu'il savait. Ne l' a-t-il même laissé entendre publiquement. Il l'a fait n'est-ce pas.. Néanmoins ce qui n'a pas été dit ou n'existe encore en tant que phénomène physique ne peut être jugé comme une vérité absolue. Je me sens mieux dans ce flou. Tu es intelligent et tu ne peux l'ignorer.;. Mmh.. Se tapant les cuisses bruyamment. Que dirais-tu d'un petit whisky. Pourquoi pas. Mais juste un fond alors. Il va bien falloir que j'y aille. Nous parlâmes des évènements locaux par la suite en sirotant un verre. Les fêtes. Les touristes étrangers qui rappliquaient et nous inondaient mais étaient-ils si nombreux qu'on semblait le penser nous nous demandions. Nous sommes prisonniers de nos peurs et de nos désirs simultanément. Fit David. Cette histoire des anglais qui colonisent nos campagnes je l'entend depuis un moment déjà un peu partout. De là où je viens c'est aussi le grand sujet de conversation. L'image me fit frémir me ramenant dans ma torpeur à la vision de la jeune au petit cul soyeux et aux seins d'enfer. Son regard. Mon Dieu. Le regard de Juliette. Que je n'avais pas rêvé. Je fermais les yeux pour mieux savourer et David évoqua à cet instant la sortie qui était prévue avec toute la bande du Bar et dont visiblement on lui avait parlé. Pour être honnête je viendrais bien. Mais je suis toujours un peu méfiant. Il ne faudrait pas que ça se mette à jaser. Je l'écoutais les yeux fermés et pour la première fois il me vint l'envie de lui demander à quoi pouvait bien rimer cette vie qu'il s'était choisi tout seul. Mais est-ce que c'est pas un peu trop pesant ton sacerdoce. C'est pas évident tout de même de pas pouvoir envisager une sortie avec des amis. Furtivement je tournais la tête pour le voir se pincer les lèvres. Bien sûr que c'est pesant. Il fit. Mais je n'ai pas de réponse toute prête à t'offrir. Il soupira, et pouvait-il faire moins je pensais. J'ai une vie à côté de laquelle je ne pouvais pas passer. Je vais utiliser une formule qui va te convenir.. C'était Écrit.. Elle te va c'est pas vrai?..J'évite de trop y réfléchir en vieillissant. J'essaie de bien faire mon travail. Parce que c'est aussi ça. Une vraie tâche dont certains attendent beaucoup. Quand je satisfais mes paroissiens je peux me regarder sans crainte dans un miroir. C'est déjà pas mal.. Ouais. Je ponctuais. Sauf quand il s'agit de gonzesses. Belles et jeunes. De chair et de sang comme on dit. Il ricana d'une manière que j'interprétais comme s'adressant à lui même. Après plusieurs minutes sans discussion que j'appréciai particulièrement une réflexion sauta de ma bouche un peu par mégarde. Tu éprouves les mêmes difficultés sur ce sujet que moi avec les bouquins qui me donnent l'impression de déballer mon intimité. Tu vois que c'est pas simple quand on touche au mystère de nos vies. Tu as raison. M'accorda-t-il gentiment. Sauf qu'en ce qui me concerne je dois m'arranger avec des tabous si puissants que j'ai été amené à jurer de les respecter. Je ne suis pas seul en cause. D'où la difficulté. Personnellement, en mon for intérieur, je ne rencontre pas ce genre de problème. Moi c'est pareil. Je fis. Sans tabou d'aucune sorte je pourrais sortir ma queue et me branler ici même si j‘en ai envie. Non. Je repris tout seul du fait qu'il s'était tu. C'est une mauvaise comparaison. Je deviens simplement vulgaire. Pardonne moi.- Je ne te trouve pas vulgaire. Plutôt amer.;. Ca fait trop longtemps que je suis planqué dans ma cabane. Je ne sais plus vraiment me conduire en société. D'ailleurs je ne vais pas tarder à la rejoindre ma tanière. Il est temps... Il éclata de rire. Alors tu me fais l'honneur d'un fond de verre; juste pour la forme. D'accord.. on y va pour le fond de verre. Mais avec un peu de glace ou quelque chose de frais si jamais tu as ça au frigo. Ca devrait pouvoir se trouver. Il dit en se levant...


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