• Je Suis un Intellectuel (33)

    Tout avait pourtant commencé dans la douleur dans l'après-midi. Je m'étais couché sous son camion pour y voir de plus près et me faire une idée de ce qui m'attendait. Je compris vite à quel point la tâche était plus ardue que ce que j'avais imaginé. Je me doutais que nous allions tirer un bon coup Elle et Moi; mais avant ça j'avais du pain sur la planche. Le Prix à Payer m'apparût Alors Terrible. Tout était grippé là-dessous. Je ne trouvais pas un seul boulon prêt à se montrer complaisant. La chaleur aussi s'était mise de la partie et je transpirais à faire pitié, en silence. La cour de la maison était recouverte de poussière, un petit désert qui à même le sol brûlait la gorge. Mais le temps sec des dernières semaines n'expliquait pas tout, la faute était à chercher du côté de toutes ses bêtes, et elles étaient nombreuses, ânes, chèvres, moutons, acharnées à rogner jusqu'aux ronces du fossé. Rachel était du genre très nature comme on dit. et aussi une belle plante. Elle ne bénéficiait certes pas d'un visage d'ange, disons qu'il y a mieux, mais débordait de saine féminité, avec des seins gonflés, des cuisses toujours juteuses, une jolie taille, et une peau très lisse malgré son travail physique. La qualité du lait de ses chèvres sans doute. Un rien épaisse.. Mais bien.. Bien.. Quand même; Rien à dire. Elle possédait certainement aussi l'instinct d'une louve. Quand elle comprit à quel point j'en bavais sous son camion, elle prétexta qu'il faisait trop chaud en salopette et alla se changer, puis revint s'accroupir à mes côtés pour me passer les outils et elle tenait deux bières fraîches à la main. Je sentis la bonne odeur de mousse de là ou j'étais. Je n'eus qu'à tendre la main et la vidais dans l'ombre. A moitié incrédule. Elle n'avait rien trouvé de mieux pour soi-disant se rafraîchir que d'enfiler une minuscule jupe en jeans qui me donnait un aperçu unique sur sa culotte de dentelle noire. De quoi m'estomaquer. Je ne sais si elle s'occupait de ses chèvres dans cette tenue, sinon ce sont les boucs qui devaient être contents de la voir débouler. A moins que comme je soupçonnais, elle cherchait seulement par là à me remonter le moral. Une vraie preuve d'intelligence alors. Tu vas t'en sortir?.. Elle voulut savoir, se pinçant les lèvres. Puis elle s'envoya la moitié de la bouteille d'un trait, se penchant la tête en arrière ce qui l'obligeait à serrer ses cuisses l'une contre l'autre et les rendait toutes blanches. Bien sûr que je vais m'en sortir. Je répondis ou plutôt grognais.; Pourquoi voudrais-tu que je m'en sorte pas. Je m'ébrouai pour vérifier que je ne rêvai pas et quelques secondes plus tard je reprenais mon boulot comme un damné. Je ne sentais plus mes forces, à croire que j'étais plus le même. Je planais à dix mille. A sa manière elle faisait preuve de génie. Je l'aurais suivie en enfer si elle s'était montrée assez vicieuse pour me le demander. Il doit certainement y avoir un peu de ça chez les grands généraux. Par quel mystère sinon ces êtres de chair et de sang tout comme moi n'ont jamais connu de batailles perdues d‘avance. Je bouillais comme un taré dans cette fosse. Puis je pris conscience que la situation l'amusait au moins autant que moi. Elle faisait tout ça pour se marrer et rien d‘autre. Elle en remettait des couches et c'était une comédienne parce que si moi j'étais en manque au point de m'étouffer, (j'y étais à deux doigts.. ) je me doutais qu'elle ne venait pas d'inventer une histoire pareille sur le champ. Le personnage me semblait rôdé et trop parfait. Elle tenait ce rôle depuis un moment et je pouvais en être certain. Elle savait parfaitement comment s'y prendre pour rendre marteau n'importe quel type et faire durer le plaisir. Je brûlais d'ailleurs tellement que la pure copulation qui m'attendait ne me suffit plus. C'est la part de moi la plus cérébrale qui se remit à fonctionner. Celle là même qui jusqu'à présent mélange allègrement le carré sacré de ce que je suis avec la pire merde qui soit. Me fournit en émotions au point de m'arracher des larmes dans certains Face à Face avec la beauté et le mystère. Comme elle peut m'obliger à patauger dans le caca quand ça lui prend et sans prévenir parce que je ne sais jamais d'avance ce qui m'attend. Forcément je suis devenu méfiant et je me souviens d'avoir hésité une bonne minute avant de me lancer. Tiraillé entre divers sentiments qui étaient le poids maudit de mon existence. Honte.. Impulsivité;. Culpabilité.. Lubricité.. Le ridicule qui tue lentement et sûrement.. Que seul le silence sacré de la montagne pouvait vaincre. Je ne me sentais plus tout à fait un homme dans mon état et je dois le reconnaître, mais ces mots eux mêmes se révèlent superficiels. Sachant qu'un Homme Vit Jusqu'à la Dernière Seconde et Tant Qu‘il Respire... N'importe lequel. Je fixais alors avec un certain courage ce que généreusement elle me proposait. Tu as une jolie petite culotte. Je lui dis enfin. D'une voix beaucoup mieux contrôlée que je n'avais crains avant d'y aller. Elle gloussa et s'octroya une autre bière. T'en veux une. Elle fit. Ca serait pas de refus.. Si j'abuse pas. A ton avis. Elle répliqua. Je me calais cinq minutes contre le flanc de la caisse en lorgnant le ciel bleu et sa culotte alternativement. Ca fait une paille que j'ai pas tiré un coup; Cinq ou six ans peut-être. Je ne me rappelle plus vraiment quand c'était la dernière fois. A part... Je lui avouais d'un geste las et moqueur prenant garde à rester crédible aussi. Et pourquoi. Elle s'esclaffa. Je te crois pas. Tu bluffes je suis sûre. Ca arrive à personne ce genre de conneries. Parce que je te trouve charmant, Moi...(J'ai adoré le Moi en question..appuyé..).. Il y a pas de raison. Pourquoi??.. T'étais en taule alors... Rien à voir. Je la coupais en remuant ma caboche. C'était à la suite d'un pari.. Elle est bonne celle là. Elle affirma en se marrant. Et l'échéance de ce pari est prévue pour quand. Que je sache.. Je me  sens concernée après tout.. Elle me demanda comme une dinde chaude et visiblement soucieuse de ce que j‘allais pouvoir lui sortir. Ca tombait bien c'était hier soir... Comme fait exprès.. Je lui fis avec une grimace. Les Yeux Dans les Yeux.. Je suis libre maintenant. Je te laisse seulement imaginer dans quel état je peux être. C'est pour ça que je t'en parle. Que tu sois prévenue. C'est mon jour de chance alors. Elle ricana en descendant la bouteille comme si elle entendait fêter une bonne nouvelle. Je repartais sous le châssis. T'es prête à tout. Je lui demandais dans l‘ombre. Je soufflai de douleur avec une longue pince à la main mais cela ne m'empêchait pas de parler et gamberger. Regonflé à bloc.. Elle renifla. Tu veux connaître mes pratiques sexuelles. C'est ça ou je me trompe. Elle me dit alors que je n'apercevais plus son visage mais seulement ses cuisses de là où j'étais. Oui ça m'intéresse de savoir. C'est un peu mon plaisir de connaître d‘avance ce qui m‘attend. Je suis un intellectuel mine de rien. Si t'en as jamais rencontré un autre jusque là.. Ça va te faire drôle.. Je lui disais avec l‘impression de parler dans un tunnel. Elle réfléchit avant de répondre mais je devinais le mal qu'elle se donnait pour ne pas rater son texte. On s'amusait comme des petits fous tous les deux. Si tu te sens de taille; J'ai du répondant. Elle fit. Je suis à ta disposition. Je te l'ai déjà dit et je reviens pas dessus. Pour le reste c'est à toi de voir. Ce sera en Fonction de tes Capacités.. Ok....Je ne veux pas non plus te foutre la pression après ce que tu m'as raconté. C'est encore le meilleur moyen de tout gâcher.. Je grimaçais en recrachant un morceau de rouille tombé de la caisse et en moins de deux heures je remettais sur pieds sa camionnette. Puis m'en allai me frotter les mains sous le regard admiratif de son épagneul lui même à plat ventre près du gros robinet collé à la maison. Celui là avec son air curieux me suivait dans chacun de mes mouvements et donnait l‘impression de m‘avoir pris en sympathie; Juste après je proposai à Rachel de faire un essai pour vérifier que tout allait bien. Je n'étais pas peu fier de moi pendant qu‘elle tournait en rond dans la cour. J‘écoutais attentivement à l‘affût d‘un éventuel bruit de ferraille. Sifflant une canette avec des mains malheureusement toujours noires du cambouis infiltré jusqu‘à l‘os. Le chien se mit à aboyer et elle sortit la tête du fourgon pour l'engueuler comme une charretière. Profitant de l'occasion elle me balança un baiser et me fit entendre qu'elle était satisfaite de mon boulot. Le pouce en l'air. J'avais le sentiment d'avoir remporté une grande bataille face à mon ennemi intime et implacable. L'adversité... J'observais mes mains veinées de graisse noire. Une crasse malsaine et désagréable. Je me suis dis que j'aimerais pas être une gonzesse et me faire traiter avec de pareils outils. Alors je me jurais de les rendre comme neuves quitte à m'aracher la peau. Une sacrée idée dans cete journée radieuse..

     


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