• Jus-du-dedans-de-la-Gonzesse… (34)

    J'avais pensé que c'était l'occasion ou jamais de s'envoyer une des bouteilles de Saint -Emilion millésimé, cadeau de Mon Vieux Raymond, et on se l'ouvrit en goûtant des toasts au fromage de chèvre. Ce qui allait de soi. Je pense à toi mon pote.. Je fis en levant mon verre au ciel les pieds dans la poussière. Puis je commettais une vraie faute de goût, en lui demandant si elle vivait toujours seule. Avec des mots peu adroits et pour ça me ramassais une volée de bois vert. Je te rassure de suite. Elle fit. La place est libre mais n'est pas à prendre. Je disais pas ça pour te vexer, mais une belle femme en général est courtisée, voilà ce que je voulais dire. Elle ricana. Pourquoi les hommes posent-ils toujours la même question. Ils ont à ce point du mal à comprendre comme une femme peut se sentir bien dans sa peau et libre.. oui libre;.(souriant méchamment..) quand elle se réveille le matin sans avoir à justifier ce qu'elle va faire dans une journée toute entière. C'est aussi simple que ça. Difficile à admettre.. hein;.. Bien sûr que les hommes manquent.. Mais Pas Tout le Termps... Quand ça me prend.., je fais signe à un solitaire de passage. Mouaih... C'est ce qu'ils racontent toujours. Si t'ouvres les yeux il y a un gars en chasse quelque part Tu peux être certain. Suffit de l'attraper.. On commence à voir du monde mine de rien dans nos montagnes. Tu crois pas. Tu es bien la preuve vivante que ça ne manque pas; non. A vrai dire quand même, j'aime pas les hommes mariés, je déteste lire les gros mensonges dans leurs yeux, je pense à toutes ces pauvres cloches qui les attendent à la maison, et ça me fait mal pour elles. Enfin.. Ca me regarde pas après tout. Le principal c'est que chacun y trouve son compte. Voilà pour l'essentiel, et s'il y a d'autres questions qui t'intéressent, soit un peu patient et garde les en réserve mon petit chéri. Elle s'était assise sur le rebord de la table de ferme pour siroter son verre de Saint-Emilion qui soit dit en passant était un pur délice, et écarta suffisamment ses cuisses pour que j'arrête avec mes questions à la con et avance un peu dans notre programme. Je m'approchais d'elle et me collais sur sa vulve aussi chaude et gonflée qu'une bouillotte. Heureusement pour tous les deux j'avais rompu le jeûne avec Danielle quelques temps plus tôt, ce qui m'avait un peu remis en jambes, faute de quoi une humidité et une chaleur pareille m'auraient tué en moins de deux. Puis la petite conversation sous la voiture me donnait une assurance assez inattendue. Un type foutu de s'exprimer ainsi ne peut pas être complètement mauvais. Je me rassurais... Nous descendîmes la bouteille de vin, avant qu'elle me fasse goûter son herbe qui avait la particularité d'être légèrement poivrée. Ce goût piquant sans doute était dû à la terre du coteau qui la voyait pousser, plus rouge que chez moi et poussiéreuse. Au bout de quelques verres elle me raconta sa vie aussi, et je ne m'étais guère trompé. Un être humain encore qui fuyait devant l'armée des ombres et des machines. Mais pouvait-il en être autrement. ..Une Autre Vie à Bricoler des Bouts de Solutions parce qu'il faut bien y Aller jusqu'à ce Fameux et Dernier Bout...La grande table de ferme avait dû en voir de toutes les couleurs au fil du temps, et j'aurais donné n'importe quoi pour l'entendre raconter toutes ces histoires. Je compris très vite l'usage qu'aimait en faire Rachel qui régnait sur le plateau pelé. Reine sexuelle et du fromage de chèvre. Première prêtresse face au grand autel du sexe sur cette colline si proche du ciel. Blotti contre un fauteuil maintenant, l'épagneul tirait la langue et ne nous perdait jamais de vue. Son regard admiratif faisait tout de même un drôle d'effet pour un type qui n‘a pas l‘habitude. Le film de genre lui, se révéla très bon. Sans chercher à en faire trop, mais grandiose tout de même surtout dans le final, avec une cavalcade de cuivres et sur l'écran une débauche de couleurs, des mauves, des bleus, des oranges qui éclataient et dégoulinaient, un vrai bon petit film de série B. Pas décevant le moins du monde... Et mine de rien son herbe est vraiment très bonne..

    Mes mains restaient entrouvertes. Une légère douleur me prenait dès que je les refermais. Alors j'évitais. Parfois je les fixais d'un regard étrange et lourd de sens. Comme si une nouvelle théorie allait surgir de la nouveauté. Je les avais mise à vif en les décrassant au tampon vert. J'en avais fait une affaire d'honneur et le résultat était exactement celui que j'avais voulu obtenir. On pouvait dire qu'elles étaient propres maintenant. Nickels;. Impeccables.. Mais plutôt rouges que blanches avec la chair transparaissant sous la peau réduite à une membrane d'épaisseur microscopique qui ne pouvait plus les protéger. Seulement en contrepartie je ressentais les choses comme si je m'étais affublé d'un nouveau sens tout simplement formidable. Le moindre toucher me procurait des sensations inouïes; Qu'elles fussent délicieuses quand il s'agissait de matières vivantes, ou moins agréables si je m'avisais de caresser certains tissus abrasifs ou pelliculaires. Mais pour l'usage auquel j'avais destiné ce décapage impressionnant nul doute que le résultat se révélait à la hauteur du sacrifice. Jamais je n'avais ressenti la vie réelle comme je la redécouvrais avec mes doigts à vif. Jamais la présence de l'indéfinissable ne m'avait paru si évident qu'avec ces doigts capables d'Entendre la vie là où devaient en principe régner les seuls effets mécaniques. Tenir entre mes mains les hanches et plutôt le haut des fesses de Rachel pendant que je la tringlais proprement, s'était mué en une communion inattendue entre mon esprit et le mystère de l'existence que mes mains ne se contentaient plus de constater dans ses aspects pratiques, mais éprouvaient dans une plénitude qui amenant des interrogations m'obligea à entamer une sorte d'aventure spirituelle. Le bonheur je le connus en La Pénétrant.. Avec ces doigts magiques;... Chacun de ses orifices se mua en un lieu d'observation des grandes énigmes de la vie. Dans son corps je puisais les secrets enfouis et voyageant là depuis les origines. Je sondais la chair secrète. Sa Définition Moléculaire.. Même si je manquais d'intelligence et de savoir pour raconter correctement ce que j'y découvrais. Moi je savais. Et c'était bien le principal. Puis je m'avisais que ces nouvelles mains me rappelaient celles complètement innocentes des nouveaux nés. Aussi neuves et fragiles. Sauf que les leurs sont encore ainsi pour n'avoir pas servies.. Alors que les miennes l'étaient parce que j'en avais arraché l'usure qui les gâchait.. Je m'hypnotisais sur la pellicule humide et luisante qui n'était rien d'autre que son jus sexuel et que je pouvais renifler à volonté. Il sentait terriblement bon et je ne me gênais pas de recommencer l‘expérience. Une senteur qui m'en rappelait une autre ou plutôt c'était ma mémoire qui en gardait le souvenir et qu'elle refusait de partager clairement avec ce que je dois bien appeler ma conscience. Moi je ne faisais que le soupçonner et immanquablement je pensais à ma mère morte et à une époque bénie où je le sais, j'étais moins jobard et moins laid. D'ailleurs quelles saloperies j'aurais pu commettre alors que je ne pouvais dépasser même debout le rebord de la table.. Je me demande. Voilà bien ce que me disaient mes mains rouges sang et humides du Jus-du-dedans-de-la-Gonzesse...

    Je te dédie ces mains mon amie inconnue qui complimente leur sensibilité alors que je ne sais que répondre..


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