• Ma Poupée Vivante.. (108)

     

    Il faudrait peut-être penser à travailler. Lâche Maggy sans cesser son activité sur ma peau salée et je me demande quel plaisir elle peut trouver à ce petit jeu. Quand pour ma part tout juste cela me chatouille. Tu l'as dit.. Je fais. Très peu décidé à m'y mettre. Voir le monde tourner en me balançant sur ma chaise me suffit amplement dans la mesure où la machine tourne toute seule. Que des damnés y soient enchaînés m'importe peu à cette heure-ci. Sans fournir plus d'efforts je voudrais seulement être le propriétaire sacré de ce paradis. Un espèce de Dieu vivant dans son jardin. Avec la poussière blanche ramassée sur le sol je modèlerais une créature. Seulement la connerie de l'autre, le premier comme on dit, ne se renouvellera pas deux fois. Ma Poupée Vivante.. S'appellera Juliette du premier coup. Il n'y en aura jamais une seconde qui viendrait tout gâcher. Puis l'éternité ne sera pas assez longue pour tout ce que nous aurons à y faire. Dans la réalité ici bas ils n'auront que ma peau et les os qu'elle recouvre, mes entrailles si ça intéresse quelqu'un. Mon esprit libre ira où il voudra, et je doute qu'il s'encombre de choses vulgaires trop longtemps. Bon.. Je crois que c'est râpé pour la journée.. Me fait Maggy qui se lève et s'en va ramasser son cartable et une chaise. S'installant près de moi elle sort un paquet de cigarettes. Je croyais que tu fumais plus. Je remarque. Ouaih, c‘est ce que je dis toujours.. C'est à moitié vrai.. Même si en principe j'ai arrêté.. Mais une légère de temps en temps.. Faut pas non plus exagérer.. Elle allume la clope et un goût de menthe piquante vient me chatouiller le nez.. Je tousse en balayant l'air de ma main.. Mince alors.. Je m'écrie. Je croyais que ça existait plus ce genre de cochonnerie. Elle éclate de rire en me voyant m'agiter. Je les achète en face.. Elle me précise en montrant les montagnes qui cachent la frontière. Ca ne m'étonne pas.. Il n'y a qu'eux pour fabriquer des trucs pareils.. Je râle encore. Mon pauvre chou.. Cela l'amène à dire. Avant de venir appuyer sa tête sur mon épaule. Laisse moi tirer dessus;. Pour voir.. Elle porte elle même la cigarette à mes lèvres. Je manque de m'étouffer mais j'y reviens à deux reprises. Nous continuons ainsi à échanger des petits mots sans importance. Le temps s'étire dans la quiétude du jardin que même son téléphone ne parvient pas à interrompre. Quand après deux sonneries elle le met en rade une bonne fois pour toute. Au fait;. Elle s'enquière au moment d'en rallumer une. Tire une bouffée et revient s'appuyer sur mon épaule qu'elle entoure d'un bras. Décidément je pense. Elle doit être un brin mordue pour se comporter de cette manière. Comment ça se passe avec la clique du Bar des champions.. J'ai cru comprendre que tu les fréquentais pas mal. Poursuit-elle. Me surprenant dans mes rêveries j'ai un peu de mal à comprendre le sens de sa question. Oui.. Tous les gens que tu vois.. Qu'est-ce que t'en penses.. Ça se passe bien avec eux.. Quel est le problème.. Je fais innocemment. Elle semble se chercher, ce que je lis sur ses lèvres, et j'ai le sentiment qu'elle hésite. En a-t-elle trop dit ou pas assez. De toute façon pour moi c'est trop. Dès que je sens la moindre anomalie qui pourrait m'intéresser, renverser le cours saumâtre de l'ennui sur terre, j'ai tendance à insister. Alors vas-y.. va jusqu'au bout maintenant que tu as commencé.. Mais elle se contente de me faire fumer. Non;. Laisse. J'ai plus envie.. Puis je me ravise soudain. Si.. Justement. J'en ai envie.. Pourquoi je dis ça;. Je suis idiot ou quoi;. Je tire une longue taf en me disant que c'est pas le moment de la brusquer. Il faut qu'elle nous sente sur la même longueur d'onde et elle va me dire ce qui la tracasse. Toute seule, par un simple effet de symbiose. Ce que de nombreux ignorants confondent avec l'amour très souvent. Il y a un type qui s'appelle Sam.. Je crois.. C'est pas son nom exact.. Qui est Samuel Hérald.. Si je ne me trompe pas.. Et alors.. Je fais au bout de quelques instants de silence. Elle soupire profondément.; je devrais peut-être pas te le dire.. Mais fais attention à lui. J'ai appris par le maire qui est un copain. Qu'il est sous observation.. Il est sorti de prison juste avant de venir s'installer dans le coin. De prison ou d'hôpital psychiatrique. Je n'ai pas tout bien compris... Mince.. Ca me la coupe.. Je siffle en me tournant vers elle. Oui.. Je le connais bien.. C'est un ami.. En vérité pas plus que ça. Mais on boit un verre ensemble régulièrement. On discute.. C'est pas un mauvais gars.. Enfin.. De mon point de vue.. Et qu'est-ce qu'il a fait au juste?.. Je peux te le dire. Mais il faut que ça reste entre nous.. Ca me convient.. Je lui jure. Il a tué son père et sa mère quand il était encore mineur.. Ça remonte à une douzaine d'années.. Et d'après ce que je sais.. Les gendarmes qui ont avisé le maire pensent qu'il est toujours dangereux.. A l'hôpital il a de nouveau planté un type qui soi-disant l'enquiquinait.. Pour eux c'est un psychopathe et ça pourrait très bien le reprendre un jour ou l'autre.. Je suis réellement sidéré par la nouvelle. Presque émoustillé de découvrir que là ou je ne voyais que plate conformité se cache un monstre. Cette journée se sera montrée surprenante sur bien des points. Je me dis. Soudain je réalise que le mobile de cette histoire de crimes ne doit pas manquer d'intérêt lui aussi. Mais au fait.. T'as une idée des raisons qui l'ont Poussé.. À tuer ses parents. Maggy réfléchit sérieusement avant de reprendre. Je ne connais pas tout.. Si ce n'est qu'il est homosexuel et que tout le problème serait venu de là.. Il a suffi qu'il ait eu des parents un peu trop rigides.. Ca doit arriver comme situation.. Des bourgeois un peu cons sur les bords.. Et en plus plein de fric.. C'est ce qu'on m'a dit.. Qu'ils ne supportaient pas son homosexualité.. Son père surtout.. Puis il y a eu aussi une histoire d'héritage. Le jeune avait personnellement hérité de son grand-père mais son père gérait les affaires. Il voulait les récupérer d'après ce qu'en sait le maire.. Je ne m'attendais pas à une histoire pareille.. Je reconnais de mon côté. Fais quand même attention à toi.. Elle continue. Parce qu'on ne sait jamais;. J'ai hésité à t'en parler. Mais je m'inquiète.. Sur quoi je ricane. Il y a longtemps que personne ne s'était inquiété pour moi.. Je te remercie.. Vilain que tu es.. Elle ajoute encore pendant que sa main s'égare entre mes cuisses. Je l'entend glousser d'abord. Puis sa respiration devient plus profonde tandis que sa main parvient à ce qui me semble être la destination recherchée. La suite autant l'avouer se révéla purement mécanique...

     

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