• Monnaie de Singe (51)

    Il me fallut une quinzaine entière pour entrevoir une conclusion avec Maggy. Faisant preuve de patience et d'une étonnante stratégie. Elle chauffait un peu plus à chacun de nos rendez-vous que bien entendu nous avions multiplié par trois d'un commun accord du regard. Et si je repassais demain pour qu'on en finisse avec cet article. Je disais par exemple. Elle portait son stylo à la bouche et se jetait sur son emploi du temps pour constater qu'il contenait un trou le lendemain entre quatre et cinq. A chaque fois elle serrait ses cuisses en s'asseyant de travers sur sa chaise pivotante, et moi centimètre après centimètre je gagnais du terrain au fur et à mesure que je m'enhardissais. Définitivement et sans l'ombre d'une erreur, je constatais que c'était bien ses cuisses qui cherchaient à faire de moi un sauvage. Je commençais à fomenter de sérieuses pensées sur ce que je pourrais en tirer une fois les hostilités ouvertes. Je m'amusais aussi à observer sa psychologie qui luttait comme elle pouvait pour lui rendre les choses acceptables. Tout ce travail infernal par lequel elle se sentait obligée de passer alors qu'elle était piégée à mort et n'envisageait plus depuis un bon moment déjà de reculer ni même feinter devant l'imminence du choc. Pour une fois je me trouvais à la bonne place, je récoltais le beau rôle. J'avais l'impression de jouer une liasse de monnaie de singe contre toutes ses économies. L'épargne d'une vie entière. Ce que je reconnaissais aisément. Mais je voulais éviter que cela devienne une sorte d'escroquerie. Je me posais d'ailleurs assez souvent la question mais toute réflexion était piégée par une forte envie de lui lécher les cuisses de long en large comme j'avais finis par me décider à faire dès notre premier galop. Ce qui au vu de ce tremblement de terre me semblait parfait si j'examinais la situation en gardant la tête froide. Elle jouait toute une carrière de femme respectable, épouse correcte, bonne mère et tout le tra-la-la, alors que pour ma part je me contentais d'apporter ma queue (cela ne coûte rien, elle me quitte jamais...) et quelques badineries d'après l'acte pour garder une contenance raisonnable. Je n'oubliais pas aussi qu'elle était à même de me créer quelques problèmes qui pouvaient me coûter mon job en cas de bisbilles. Mais elle était de plus en plus chaude et je devinais que de toute façon moi ou un autre l'heure était venue pour elle de virer sa cuti. Le hasard m'avait mis sur son chemin, qu'y pouvais-je. Mais cette femme à n'en pas douter estimait avoir payé son tribut à la communauté, et tout n'était que question de temps. Le besoin d'ouvrir grand et pour de bon tout l'immense volume qui tenait entre ses belles cuisses la rendait malade depuis.. Depuis quand d'ailleurs,.. et même causait ses migraines qu'aucun cachet ne parvenait plus à calmer depuis déjà une dizaine d‘années. Elle y pensait jusqu'à s'en décoller l'intérieur du cerveau et de la matrice, seulement elle l'ignorait. Voilà le fruit de mes réflexions et j'étais le seul médicament qui pouvait lui convenir. Son toubib à la rigueur s'il avait été prêt à payer de sa personne plutôt que de lui prescrire toutes ces pastilles contre la douleur et le mal de tête ou de ventre, alors qu'il savait pertinemment de quoi elle souffrait. Seulement le pauvre il avait tant à faire et mettant le doigt dans l'engrenage c'est la moitié de la vallée qu'il lui aurait fallu soulager. Et il avait peut-être pas assez de burnes lui même pour un tel labeur... En avait-il Encore.. assez envie aussi?.. Je n'étais pas peu fier de moi quand je pris clairement conscience de tout ça. Je m'étais découvert une mission et comptais bien la mener jusqu'au bout. Chacun doit y Mettre du Sien..Payer sa Part.. Vaillamment...


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