• Sur le Bon Chemin (1)

    Sam voulait une bière, et bien sûr un bon sandwich parce qu'il avait faim vu qu'il était onze heures passées. Quand à moi je rêvais d'un café pour couper le froid assez vif depuis le lever du jour. Mais il s'était empressé de rajouter qu'il avait pas la queue d'un en poche. Seulement moi je pouvais, encore une fois, et qu'est-ce que ça ferait une fois de plus. N'Étions nous pas Tous dans le Même Bain.. D'ailleurs je tendais le doigt et le commandais moi-même à la serveuse. Celle là même à qui je filerais mon dernier billet sans l'ombre d'un regret. Quoique je ne voyais pas d'où viendrait le prochain. A moins de tomber du ciel  pour utiliser une image qui jusqu‘à preuve du contraire ne s‘est jamais vérifiée.. C'est une illustration de plus de la fameuse roue, qui toujours tourne sans que jamais il lui vienne l'idée de se reposer une seconde. Ce qui me paraissait positif à cette heure était que je ne ressentais rien de spécial, aucun vertige, ni satisfaction. Vide comme un nuage. J'étais certainement sur le bon chemin et ne pouvais que m'en réjouir. Tout allait pour le mieux, je me disais, menteur comme je suis. Je ne regrettais toujours pas d'avoir balancé une vieille vie contre une nouvelle qui ne m'apportait pas spécialement plus de satisfactions que l'autre. Je me rendais compte seulement que je n'étais pas allé aussi loin qu'il m'aurait fallu, et cette pensée je crois curieusement m'indisposa. Me ramenant à une forme de vie plus directe; Je ressentis alors des fourmis dans les jambes. Dans l'après-midi je restais assis comme un imbécile durant des heures dans le grenier que je louais. Au dehors la Triste Ville Immense ronflait Comme un Vieux Chien Malade.. Puis sans réfléchir je balançai par la fenêtre tout un tas d'affaires qui allèrent s'écraser dans une cour en contre-bas ouverte sur la rue. Il est fou ce type, je pus entendre hurler de là où j'étais, et peu après je me penchai et constatai que des gens retournaient une grosse machine à musique avec des mines complètement désolées. Ca va pas la tête, refit le même type qui m'avait déjà engueulé en semblant sincèrement regretter que l'on puisse gâcher du si bon matériel. Je ne lui répondis pas et me retirai en arrière pour ne pas faire d'histoires, et bien au fond de la pièce là où on ne tenait plus debout, à l'abri des regards...


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