• Un Gros Bagage Littéraire.. (70)

    Elle s'approcha de nous et je l'accueillis en lui entourant les épaules de mon bras sans descendre du tabouret sur lequel je m'étais perché. Tu me feras l'honneur de prendre un verre avec nous mon amie. Je lui soufflais pratiquement dans le cou. Je sentis qu'elle s'interrogeait sur mon comportement qui forcément correspondait assez peu à ce qu'elle connaissait de moi. Ah ben. Si c'est toi qui me l'offre.. Je lui lâchai les épaules en prenant conscience que je n‘aurais su quoi en faire si j'avais insisté plus longtemps. Néanmoins j'avais eu l'opportunité de goûter ce trouble et la senteur de cette Autre femelle plutôt appétissante comme je venais de le vérifier de très près. Un rien désabusée mais tout à fait capable de vibrer encore si un gars savait s‘y prendre. Une de Plus.. Il m'avait suffit de brièvement l'enserrer. Je savais à présent que celle là aussi je serais en mesure de lui chatouiller le cœur si je m‘y mettais. L'homme que j'étais se révélait loin d'être mort et soudain je me sentais divisé. Je brûlais d'en apporter la preuve à chaque seconde qui passait. Seulement j'en avais pas assez envie. A partir de là heureusement le bar commença à se remplir et chaque nouvel arrivant m'accaparait suffisamment l'esprit pour me détourner d'un dilemme qui était loin d'être superficiel comme on pourrait croire. Mon histoire et par conséquence celles de tous ceux qui avaient partie liée avec elle s'était déchirée de part en part à force de ruminer dans le désert des hommes. Parsemé de clous et de morceaux de verre que je traverse pieds nus et ceci juste pour donner une idée de ce que je ressens. J'aurais donné n'importe quoi pour obtenir des certitudes sur la consistance réelle d'un moi qui se réveillait le matin en se demandant ce qu'il vaudrait au marché du jour. Ne s'endormait jamais une nuit sans se remémorer la courbe de valeur le concernant à la bourse humaine de la journée qui s‘éteignait. Ne se connaissait aucun sommeil de jour comme de nuit dépourvu de rêves sur la réalité de son existence mais ces rêves tournaient imperturbablement au cauchemar. Chaque rêve consistant à m'enfoncer dans un nouveau rêve doutant de la réalité du premier et ainsi de suite jusqu'à me réveiller en sueur et le cœur battant sur le seuil de la folie dans laquelle Je N'avais Jamais Sombré.. N'éprouvant alors et Par Vengeance que le désir de me payer ma propre tête. Conscient que ce ridicule là ne peut pas me tuer. Tant que je n'en Parlerais à Personne;. Mathias. Lou et Gaby. Sam... De nombreux inconnus se pressaient comme par enchantement une petite heure plus tard. Je préférais de loin cette agitation dans laquelle je me coulais innocemment au vide qui me mettait en lumière. Chantal avait apparemment trouvé Le Pigeon du jour.. content de payer à boire et maintenant elle cherchait un moyen de se débarrasser de Mathieu qui venait d'arriver cinq minutes plus tôt et tentait déjà de profiter de l‘aubaine. Elle m'avait balancé un petit regard sans équivoque avant de me lâcher. C'était pas le jour, ni l'heure, pas plus le mois peut-être et qui sait s‘il ne faudrait compter en années. Mais une affaire personnelle devenait soudainement plausible entre nous deux. En un mot à ses yeux Je ne faisais plus Seulement Partie du Décor.. J'en fus enchanté et cela me faisait tout au plus une belle jambe dans l'immédiat. Seulement dans ses yeux elle me demandait de lire l'avenir. De prendre mon temps avant d'en tirer des conclusions trop hâtives. Que sur ce coup là je limite pour une fois ma marge d'erreur. Que si la vie est un jeu les meilleurs ne jouent pas n'importe comment et calculent jusqu'à deux.. Trois, quatre coups à l'avance. Voilà bien pourquoi ils gagnent plus souvent que les autres. Les petits joueurs.. Les caves.. La chair à canon.. Les trous du cul.. Elle avait beau abdiquer de ses illusions et publiquement ce qui représente une sacrée humiliation si par malheur elle venait à tomber sur des vaniteux ou des médiocres, elle n'en savait pas moins beaucoup sur ses semblables, en profondeur plutôt et à défaut de posséder Un Gros Bagage Littéraire.. Sans plus d'anicroches je me fondais dans la petite assemblée. Nettement plus à l'aise et j'étais sincèrement d'une excellente humeur. Bien assez pour lancer une vanne à Salvador qui Courrait vers nous. Voilà ce que j'appelle un homme d'affaires. Je m'écriais. Avec Lou et Gaby qui ne demandaient qu'à s'écrouler de rire maintenant que je leur avais payé à boire. Il ricana et me serra contre lui au point que je pouvais renifler la sueur d'une journée de travail à courir comme un dératé d'un coin à l'autre du canton. Prend moi pour un con... Il me dit en m'embrassant sur une joue. Et surtout te gênes pas. Il se recula. Je préfère te voir comme ça.. Eh.. Au fait;. Tu sais que depuis le temps qu'on en parle de notre sortie au lac on se la fait dimanche.. Hier soir on s'est tous mis d'accord. Plus question de revenir dessus ou alors j‘explose pour de bon... N'oublie pas mon cochon. Je me suis habitué à toi. Il faut que tu viennes. Pas question de te débiner;.. Il fit en agitant un doigt vers mon plexus. Compte sur moi... Je répondis. Rappelle moi seulement où on se retrouve.. A midi ici devant;. Il me serra la nuque comme si quatre vingt pour cent de tout ce qu'il avait à me dire passait directement de sa main à mon cervelet situé à peu près à cet endroit. Puis il me laissa ayant encore à témoigner de sa formidable vitalité et un seul homme ne pouvait y suffire...


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