• Un Tuyau dans le Cul (85)

    Monique garda ma main dans la sienne encore une fois. Je compris de suite ce qu'elle aurait voulu.. Que je la prenne dans mes bras et la serre contre moi. Parce qu'elle n'en pouvait plus. Elle était à bout et cherchait une bouée pour s'y accrocher et moi je me trouvais là. A cet instant je sentis la main de David se poser sur mon épaule. Il pouffa discrètement.. Un léger.. Pffh.. C'était à peine une caresse qu'il me faisait près de la nuque. Seulement ce toucher délicat et sans conséquence me poussait en avant. Vers Monique qui gardait ma main entre les siennes. Il dut croire que je ne comprenais pas ce qui se passait et que j‘étais une sorte de parfait innocent. Comme si de tels hommes existent encore de nos jours. Alors que j'étais pleinement conscient sauf que j'en avais pas envie. Puis je l'ai Laissé Venir.. À moi et l'ai serré doucement contre ma poitrine. Elle sentait les larmes et la transpiration, le malheur et la mauvaise graisse. Je lui tapotais doucement le dos comme je l'aurais fait avec un enfant malade ou un petit animal. Je n'aurais rien su faire d'autre et la scène à cet instant questionnait mes limites. En soi elle n'était pas si gênante cette scène. Sauf que je sais d'avance à quel point il est toujours difficile d'en sortir. Puis je ne tenais pas ce que j'appelle une femme Entre Mes Bras.. Mais plus simplement un Être... Et je vais me montrer franc au risque que cela paraisse abrupt. Je ne sais pas quoi faire avec une quelconque de ces grande masses du monde vivant. Je ne sais pas m'y prendre. Elles m'échappent. Je l'obligeais très gentiment à se retourner et à tous petits pas nous prîmes le chemin de la chambre. Je t'attendais. Elle me fit. Je remarquais son dos maintenant arrondi pour toujours. Et comment il va.. Je demandais d‘une voix plaintive. Comme si c'était Moi qui Souffrait.. Et c'est bien pour ça que je confesse mon inaptitude au malheur banalisé... Il passe par plein de stades. Elle reprit de son souffle misérable... Par moments il ouvre les yeux et on dirait presque qu'il va mieux. Et tout de suite après il a les yeux qui tournent et moi quand je vois ça je m'affole;. Je crois qu'il va mourir.. Tu te rends compte;. J'écoutais ses sanglots en me disant que la vie a tord de ridiculiser les petits êtres humains qui sont sa seule richesse. Sans nous elle vaudrait à peine autant et plutôt moins que la plus belle femme du monde perdue sur une île déserte. Quand elle finirait par s'enfoncer un concombre de mer dans le vagin parce qu'à ce niveau le ridicule ne veut plus rien dire et perd toute sa valeur. Il a Fini de Tuer.. L'hôpital aussi est un drôle de laboratoire pour l'humanité. Je connais le lieu commun qui consiste à dire que cet endroit pue la mort, je prétend plutôt que cela ne serait qu'à moitié. Pour la seconde moitié je renifle le sexe et à plein nez. Et comment pourrait-il en être autrement quand les corps sont ici manipulés comme de vulgaires côtelettes saignantes. Si pour un oui ou un non un type ou une gonzesse, peu importe, se retrouve avec un tuyau dans le cul ou ailleurs. Les deux ou trois fois ou je me suis retrouvé à l'hosto dans ma vie;. Je n'avais qu'une idée en tête;. Baiser comme une bête en sortant de là, et c'est pas curieux ça.. Parce que je m'en voulais de prendre la vie au sérieux de la façon où je la prenais quand elle la vie;.; Ne se gêne pas pour me rappeler ce que je suis. Et Durement.. Je voulais en croquer comme on dit.. Pour n'avoir pas à regretter plus tard. Ne cessant de me répéter que j'allais retenir la leçon. La chair humaine ramenée à l'état de matière saignante alors qu'elle peut donner tant de plaisir cette même chair. Pourquoi se priver puisque nous sommes si peu de choses. Un million de fois je tentais de m'arracher ce verni de civilisé qui m'encombre, ces traces indétectables dans mon cerveau et ils peuvent le sonder celui-là, rien à faire aussi;.. la civilisation finit toujours par l'emporter. A me recoller au ras des pâquerettes. Pourtant qu'est-ce que ça doit partouzer dans la chaleur des arrières salles quand ils se rendent compte nuit après nuit ces beaux toubibs que la viande ça pourrit vite et qu'il vaut mieux en profiter tant que c'est possible. Puis de toute façon.. Ça aide à oublier le bain de souffrance du malheur, les larmes amères, l'insensibilité, et c'est tout de même mieux qu'un tube d'antidépresseur. Alors pourquoi se gêner. Une fois les tristes états d'âmes envolés. Une bite dans le cul ça a jamais tué personne, et ce sera toujours plus rigolo qu'une sonde en caoutchouc. Aux Éveillés du Mystère..

     


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